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Les Singes Volants

The Place Beyond the Pines

29 Septembre 2013 , Rédigé par Erik Publié dans #Films

Le casting laisse imaginer un bras de fer à 3, il n'en sera rien. The Place Beyond the Pines prend à revers la structure classique du film en proposant un constat original : faire avancer une trame scénaristique à travers les yeux de 4 personnages, les uns après les autres : Ryan Gosling, puis Bradley Cooper, puis le fils de Bradley Cooper, puis le fils du premier. Si l'on tient ici une idée originale, il s'agit aussi d'un des plus gros écueils du film. Et notamment pour une raison : le film semble taillé pour Ryan Gosling, ressemblant à s'y méprendre à Drive dans le minimalisme des dialogues, les musiques lounge à dos de moto, et l'erruption de hargne et de violence qui surgissent lors de soudaines scènes.
La première heure passe ainsi avec délectation pour ceux qui ont apprécié Drive. Je dirai même qu'elle lui est supérieure, car les objectifs des protagonistes sont clairs, la tension romantique palpable, et l'impasse dans laquelle s'engouffrent Ryan Gosling et Eva Mendes donne tout son sens au style mélancolique qui plane sur la réalisation, la bande son, le jeu de Gosling, et enfin les braquages de plus en plus récurrents du héros. Une chute du héros qui se termine abruptement, et dont l'impact vaut bien celui de la fin de Bonnie & Clyde.
Sans en dire plus, la suite du film donne le relai à Bradley Cooper, puis à son fils 15 ans après (furtivement) et enfin au fils du personnage campé par Ryan Gosling, joué par un acteur que j'ai eu l'occasion de voir dans Chronicles (et que j'apprécie pour sa touche torturée).
Tout en restant dans le même style de réalisation, le film s'engouffre alors dans des histoires plus lourdes, rajoute quelques personnages secondaires, de la politique, de la corruption, de la drogue. Tout cela donnerait du corps au film, s'il n'en gardait pas la lenteur de la première heure. Or cette lenteur et ce spleen ambiant, seul Ryan Gosling est capable d'y maintenir une tension palpable et de nous garder happer à son destin. Là, chaque réplique tarde à venir, et surtout la frustration chez le spectateur croit au fil des conversations tronquées, des personnes pas au courant de la situation, aux discussions qui n'ont pas lieu. Sans en reveler plus, le fils de Ryan Gosling ne discutera pas avec sa mère, Bradley Cooper ne donnera pas d'explication à son rejeton, les deux gosses ne discutteront pas entre eux, Bradley Cooper n'essaiera pas plus que ça de se racheter, etc etc. Bref, si l'immobilisme sied à Ryan Gosling, hypnotique, les autres personnages s'y cassent les dents.
La réalisation se perd ainsi sur les autres personnages, qui feront tenir le film 1h30 à eux seuls. Ils auraient du être filmés comme un thriller plus classique, aux dialogues plus consistants et aux rebondissements plus rapides, pour nous maintenir en haleine. Dommage, car la méta-histoire est plutôt sympathique (même si tirée par les cheveux), les personnages faciles à suivre, mais tout cela peine trop à avancer.

The Place Beyond the Pines

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